
L'atelier Bonnot
Chaque pierre de cette collection peut être montée à Paris sur or 18 carats, dessinée avec vous.
Le droit français a supprimé la distinction entre pierres précieuses et pierres fines en 2002, au profit du terme unique de pierre gemme. Le spinelle est une gemme naturelle à part entière, et ses meilleurs exemplaires se négocient au-dessus de bien des saphirs de même poids.
Parce qu'il n'en a pas besoin : sa couleur est native et sa transparence généralement bonne. Sur nos vingt-sept pierres publiées, dix-huit portent la mention sans traitement, quatre non chauffé et trois aucun ; deux seulement restent sans information. C'est la signature de l'espèce, pas un effet de notre sélection.
Oui, avec une réserve que nous préférons dire : sa dureté de 8 le place un cran sous le saphir. Il ne craint pas les chocs, faute de plan de clivage, mais les arêtes de facettes se patinent plus vite sur une bague portée sans interruption pendant vingt ans.
Le spinelle est un aluminate de magnésium de formule MgAl₂O₄, une espèce minérale distincte du corindon dont relèvent le rubis et le saphir. Il cristallise dans le système cubique, ce qui entraîne une conséquence directe : la pierre n'a ni pléochroïsme ni biréfringence, sa couleur reste identique sous tous les angles et les arêtes de facettes ne se dédoublent jamais à la loupe. Sa teinte vient d'éléments traces logés dans le réseau : le chrome donne les rouges et les roses, le fer les bleus grisés et les mauves, le cobalt les bleus les plus vifs. Pendant des siècles, les grands rouges d'Asie centrale ont circulé sous le nom de rubis balais, de Balascia, l'ancien Badakhshan. Le Rubis du Prince Noir de la couronne impériale britannique et le Rubis Timour sont en réalité deux spinelles ; ce n'est qu'au 18e siècle, avec les travaux de cristallographie de Romé de l'Isle, que l'espèce a été séparée du corindon.
L'appellation « pierre précieuse » désignait autrefois quatre gemmes seulement — diamant, saphir, rubis et émeraude — par opposition aux « pierres fines ». Cette distinction n'a plus de valeur réglementaire en France depuis 2002 : on parle aujourd'hui de pierres gemmes, en nommant précisément l'espèce minérale et sa variété. Un spinelle ou une tourmaline ne sont donc pas « moins nobles » qu'un saphir ; ils appartiennent simplement à une autre espèce.
Le spinelle couvre une gamme que peu d'espèces égalent, du rouge franc au bleu cobalt en passant par des mauves et des gris. Chaque teinte a son gisement, son agent colorant et son marché : un rose de Mahenge et un bleu-gris de Sri Lanka n'ont ni le même prix ni les mêmes acheteurs.
Nous appliquons toujours la même méthode, dans cet ordre. Aucun de ces cinq points ne se juge sur une photo : demandez la vidéo, et comparez deux pierres côte à côte.
On regarde la teinte (la famille de couleur), la saturation (sa vivacité), la tonalité (la quantité de sombre) puis l'homogénéité : zones de couleur, bandes, extinction dans les angles. Une pierre trop foncée s'éteint dès que la lumière baisse ; une pierre trop claire perd son caractère. Les sous-tons comptent autant que la teinte principale.
Le test que nous faisons : nous regardons la pierre en lumière du jour, puis dans une pièce éclairée le soir. Si la couleur s'effondre, nous ne la retenons pas.Toutes les inclusions ne se valent pas. Certaines sont invisibles à l'œil et sans conséquence ; d'autres troublent la pierre ou la fragilisent lorsqu'elles atteignent la surface. La vraie distinction n'est pas « pure ou incluse » mais « vivante ou trouble » : une pierre légèrement incluse mais transparente vaut mieux qu'une pierre nette et laiteuse.
Le test que nous faisons : observation à l'œil nu à 20 cm, puis à la loupe 10× en immersion, en cherchant les inclusions débouchant en surface.Les proportions déterminent la vie de la pierre. On cherche une symétrie correcte, l'absence de fenêtre — cette zone pâle au centre qui laisse voir à travers — et l'absence d'extinctions. Beaucoup de pierres sont taillées profondes pour conserver du poids : elles pèsent plus lourd pour une surface visible identique.
Le test que nous faisons : la pierre posée sur un fond imprimé : si le motif se lit à travers, il y a une fenêtre.Deux pierres du même poids peuvent avoir une présence visuelle très différente. C'est pourquoi nous publions toujours carat, longueur, largeur et profondeur. À poids égal, une taille peu profonde et bien étalée paraîtra nettement plus grande au doigt.
Le test que nous faisons : comparaison au pied à coulisse, et photo sur une main neutre plutôt que sur un fond blanc.L'origine peut influencer la valeur et l'histoire commerciale d'une pierre, mais elle ne remplace jamais son analyse. Une attribution sérieuse suppose un laboratoire capable de conclure à partir des inclusions et de la chimie ; « origine non déterminée » n'est pas un défaut.
Le test que nous faisons : nous ne mentionnons une origine que lorsqu'un rapport de laboratoire la mentionne noir sur blanc.Le spinelle est l'une des rares gemmes de couleur dont l'absence de traitement est la règle et non l'exception. Sur nos vingt-sept pierres publiées, deux seulement ne portent aucune information sur ce point, et nous l'écrivons plutôt que de le deviner. Il existe malgré tout des pratiques à connaître, apparues récemment avec la montée des prix.
Le cas normal. La couleur et la transparence du spinelle sont natives, et rien ne justifie économiquement de le traiter dans la majorité des cas.
La règle sur cette espècePratiquée depuis une quinzaine d'années sur des matériaux birmans et tanzaniens pour effacer une composante brune ou dissoudre des inclusions fines. Elle reste minoritaire et doit être déclarée.
Accepté si déclaréApparue vers 2015 sur des pierres pâles transformées en bleus vifs par apport de cobalt en surface. La couleur se concentre le long des jonctions de facettes, visible en immersion.
Non accepté en joaillerieMarginal sur cette espèce, mais on le rencontre sur des rouges fracturés comblés d'une résine ou d'un verre. La pierre devient instable au nettoyage.
Non accepté en joaillerieProduit industriellement depuis les années 1920 par fusion à la flamme. Il se reconnaît à ses lignes de croissance courbes et à ses bulles de gaz sphériques.
Non accepté en joaillerieGrenats, verres et doublets vendus sous le nom de spinelle, le plus souvent sur des lots anciens dépourvus de rapport de laboratoire.
Non accepté en joaillerieNotre règle, sans exception : deux interventions seulement sont acceptées en joaillerie — la chauffe traditionnelle sur les corindons, et l'huile incolore sur les émeraudes. Diffusion, remplissage au verre au plomb, résines et colorations sont refusés, quel que soit le prix proposé.

Non. Le laboratoire doit rester cohérent avec la nature, la valeur et les caractéristiques de la pierre. Une pierre importante, ou présentée comme non chauffée, justifie un laboratoire international reconnu. Et un certificat n'établit jamais à lui seul la qualité ou la valeur d'une gemme.
L'origine peut influencer la valeur et l'histoire commerciale d'une pierre. Elle ne remplace jamais l'analyse de la pierre elle-même : certaines pierres d'une origine réputée sont médiocres, et l'inverse est vrai aussi.
| Origine | Caractéristiques parfois observées | Ce qu'il faut retenir |
|---|---|---|
| Tanzanie | Roses néon de Mahenge et d'Ipanko, rouges de Matombo, bleus au cobalt de Lukande | Treize de nos vingt-sept pierres ; l'origine dominante du spinelle actuel |
| Birmanie | Mogok et Man Sin : les rouges les plus purs et les roses dits Jedi | Deux pierres seulement chez nous, l'offre est irrégulière |
| Madagascar | Bleus au fer, mauves et roses clairs, dans des tailles moyennes | Trois pierres publiées, dont notre unique spinelle bleu détaillé |
| Sri Lanka | Bleus grisés, lavandes et pierres à changement de couleur | Source historique, peu représentée dans notre stock actuel |
| Vietnam | Luc Yen et An Phu : roses vifs et bleus au cobalt | Production faible, réservée pour l'essentiel aux petites tailles |

Nous écrivons toujours « certaines pierres de cette origine peuvent présenter… », jamais « les pierres de cette origine sont… ». Une attribution d'origine sérieuse suppose un laboratoire capable de conclure.
Il n'existe pas de barème fiable du prix au carat : le prix progresse par paliers, et deux pierres de même poids peuvent varier d'un facteur dix. Voici trois pierres réellement passées par notre sélection, avec ce qui explique leur prix.

L'entrée réelle de cette famille dans notre catalogue : un rectangle de origine non établie, traitement : voir rapport. Pierre réelle de notre sélection, publiée avec ses caractéristiques complètes.

Le cœur de notre offre actuelle : un coussin de Tanzania, non chauffé. Pierre réelle de notre sélection, publiée avec ses caractéristiques complètes.

Le haut de notre stock publié : un coussin de Tanzania, traitement : voir rapport. Pierre réelle de notre sélection, publiée avec ses caractéristiques complètes.
Il s'agit ici de la pierre taillée, non du style de la bague. La forme décide de la surface visible à poids égal, du comportement de la couleur et des précautions de sertissage.
| Forme | Rendu et couleur | Poids conservé | Précautions et usages |
|---|---|---|---|
| Ovale | Grande surface visible, couleur bien répartie | Bon compromis | Vérifier la symétrie et l'effet papillon ; convient à tout |
| Coussin | Présence généreuse, angles adoucis, couleur profonde | Très bon | Paraît plus compact qu'un ovale de même poids |
| Ronde | L'éclat le plus régulier, lecture équilibrée | Faible — beaucoup de perte | Davantage de perte de matière à la taille : elle peut se négocier avec une prime ; idéale en solitaire |
| Poire | Effet allongé très graphique | Bon | Pointe à protéger par une griffe dédiée ; superbe en pendentif |
| Taille émeraude | Effet miroir à degrés, plutôt que scintillant | Excellent | Exige une transparence irréprochable : rien ne se cache |
| Radiant | Compromis entre l'éclat brillant et le contour rectangulaire | Excellent | Peut assombrir les tons déjà foncés |
| Marquise | Le plus grand rendu visuel à poids égal | Excellent | Deux pointes à sécuriser, symétrie exigeante |
| Taille fantaisie | Hexagone, kite, trapèze : contour singulier | Variable | Monture obligatoirement sur mesure |
Une pierre synthétique possède la même composition chimique et les mêmes propriétés physiques que sa contrepartie naturelle : elle n'est pas « fausse », elle n'a simplement pas d'origine géologique. L'œil seul ne suffit pas toujours à conclure — ce sont les inclusions, les lignes de croissance et la fluorescence, observées au microscope, qui tranchent. Au moindre doute, seul un laboratoire conclut.
Nous ne vendons que des pierres naturelles, et le rapport de laboratoire accompagne chaque pierre à partir d'un certain niveau de valeur.
Aucune de ces pierres n'est supérieure aux autres : elles répondent à des priorités différentes. Voici de quoi trancher.
| Pierre | Couleur | Traitements courants | Pour qui |
|---|---|---|---|
SpinelleDureté 8/10 · Prix Modéré à élevé | Toute la gamme, teinte identique sous tous les angles | Presque toujours aucun | Qui veut une pierre non traitée et encore peu vue |
RubisDureté 9/10 · Prix Élevé à très élevé | Rouge plus pourpre, souvent assombri par le fer | Chauffe très fréquente | Qui veut le nom et la valeur de revente |
SaphirDureté 9/10 · Prix Large | Bleu et toutes les couleurs sauf le rouge | Chauffe majoritaire | Qui cherche l'usage quotidien le plus robuste |
GrenatDureté 7,5/10 · Prix Accessible | Rouges, oranges et verts, réfringence simple également | Aucun | Qui privilégie le volume à budget contenu |
Vous souhaitez partir d'une pierre pour créer un bijou ? La pierre peut être achetée seule, conservée, ou devenir un bijou. Chaque piste a sa page dédiée : cette page-ci parle de la pierre.
Nous achetons sur place, à Beruwala et à Bangkok, et auprès d'un réseau de tailleurs et de courtiers avec lesquels nous travaillons depuis des années. Huit étapes séparent un lot vu sur un marché d'une pierre publiée en ligne.
Saphirs et pierres d'Afrique de l'Est au Sri Lanka, rubis et tourmalines à Bangkok, émeraudes de Zambie à Jaipur, de Colombie à Bogotá. Acheter chacune là où elle se négocie le mieux.
Notre bureau donne sur la rue principale de Beruwala. Les courtiers défilent toute la journée : jusqu'à trois mille pierres vues, une dizaine retenue.
Une pierre qui ne mérite pas un second regard se reconnaît à travers son emballage. C'est ce qui permet d'en voir des milliers sans perdre de temps.
Pied à coulisse et balance : nous ne nous fions jamais aux chiffres annoncés.
On s'entend sur un prix ET sur ce que devra dire le rapport. Le vendeur en assume le coût. Si le laboratoire ne confirme pas, la vente est caduque — et le paiement n'intervient qu'après.
Toutes nos pierres sont certifiées, quel que soit leur prix, y compris auprès de gens de confiance. Le laboratoire est choisi selon la valeur.
Quatre lumières, une main neutre, aucune retouche de couleur.
Publication à Paris avec toutes les caractéristiques, y compris ce qui dérange.


Des pierres réellement passées entre nos mains, avec leurs forces, leurs limites et la raison pour laquelle nous les avons retenues.


Le spinelle demande moins de précautions que la plupart des gemmes de couleur : pas de clivage, pas de fissures comblées, pas de sensibilité à la lumière. Sa dureté de 8 impose seulement de ne pas le laisser frotter contre d'autres bijoux.
Le même parcours dans les deux cas : la pierre d'abord, la décision de bijou ensuite — jamais l'inverse.
Une pierre du stock, ou une recherche selon couleur, poids, forme et budget définis.
Vidéos en plusieurs lumières, caractéristiques complètes et certificat avant tout engagement.
La pierre seule, ou un projet de bijou chiffré autour d'elle. Réservation possible.
Remise à Paris ou envoi assuré. Si la pierre devient un bijou : trois à cinq semaines ouvrées.
Parce que les deux pierres partagent le chrome comme agent colorant, sortent des mêmes gisements birmans et afghans, et qu'aucun instrument ne permettait de les séparer avant le 18e siècle. Les grands rouges des trésors royaux européens ont donc été inventoriés comme rubis pendant des générations.
Au réfractomètre : le spinelle donne un indice unique autour de 1,718, le rubis deux indices voisins de 1,762 et 1,770. Au polariscope, le spinelle reste éteint pendant la rotation quand le rubis s'éclaire quatre fois. À la loupe, le rubis dédouble les arêtes de facettes, le spinelle jamais.
Rarement, et c'est sa particularité. La chauffe existe depuis une quinzaine d'années sur certains matériaux birmans, mais elle reste minoritaire et n'apporte presque rien. Nous n'avons publié aucune pierre déclarée chauffée à ce jour.
Parce qu'une origine ne se déduit pas d'une facture. Elle suppose un rapport de laboratoire capable de conclure à partir des inclusions et de la chimie, et cette analyse ne se justifie pas toujours au regard de la valeur de la pierre. Nous préférons écrire origine non déterminée plutôt que de reprendre le nom de pays annoncé par le vendeur.
De 350 € pour notre pierre d'entrée à 15 500 € pour un rose de Mahenge de 2,67 ct, avec une médiane à 2 720 €. Le prix au carat va de deux cents à près de six mille euros : c'est la teinte, et non le poids, qui commande.
Ses prix ont fortement progressé depuis la découverte du gisement de Mahenge en 2007 et l'arrivée des collectionneurs asiatiques. Il reste néanmoins sous-coté par rapport au rubis et au saphir à qualité comparable. Nous vendons des pierres à porter, pas des placements, et nous ne garantissons aucune revalorisation.
Il se situe à 8 sur l'échelle de Mohs, soit un cran sous le corindon et deux sous le diamant. En pratique, seuls un saphir, un rubis ou un diamant rangés au contact peuvent le marquer. Un rangement séparé règle la question.
Oui, mais ils quittent rarement le circuit des collectionneurs. Nos vingt-sept pierres s'échelonnent de 0,90 ct à 2,67 ct, ce qui correspond à ce que le marché propose régulièrement. Au-delà, la recherche se fait sur commande et prend plusieurs mois.
Depuis les années 1920, par fusion à la flamme. Cette production a surtout servi d'imitation d'autres gemmes dans la bijouterie de série : aigue-marine, zircon, tourmaline. Elle se reconnaît à ses lignes de croissance courbes, à ses bulles rondes et à une extinction en damier entre polariseurs croisés.
Il a été ajouté au mois d'août en 2016 par la profession américaine, aux côtés du péridot. C'est une convention commerciale récente, sans portée gemmologique, mais elle a contribué à faire connaître la pierre au grand public.
Toutes les pierres disponibles ne sont pas publiées en ligne. Nous recherchons également une pierre selon une couleur, un poids, une forme et un budget définis.